Le ballon du Mondial est vintage et high-tech

Fournisseur officiel de la Coupe du monde de foot, Adidas s’est inspiré du modèle de 1970, conçu pour être bien vu sur les télés en noir et blanc.

A gauche, le ballon du Mondial 1970 qui a inspiré le Telstar 18 (à droite) du Mondial en Russie. Dirk Bruniecki

Voilà quarante-huit ans qu’Adidas réinvente le ballon. Comme lors des douze dernières Coupes du monde, l’équipementier fournit la balle officielle du prochain Mondial, en Russie. Le Telstar 18 succède au Brazuca, utilisé au Brésil en 2014, et s’inspire du modèle qu’Adidas a produit pour cette compétition, au Mexique, en 1970.


Jusqu’à cette année-là, les ballons étaient d’une seule couleur, souvent marrons. Adidas propose des pentagones noirs mêlés à des hexagones blancs qui se détachent bien de la pelouse sur un écran de télévision en noir et blanc. Un ballon star, baptisé Telstar, qui marquera à jamais les esprits. Même l’icône en forme de « ballon » que l’on utilise aujourd’hui en écrivant un SMS reprend ce design quadragénaire.


Le Telstar 18 renoue donc avec ce look bicolore et arbore des figures géométriques comme pixelisées. « Nous voulions montrer que c’est une reconfiguration, une version digitalisée, de celui imaginé en 1970 », explique Sam Handy, designer en chef de la marque.



Les ingénieurs ont travaillé durant deux ans


Il faut longer le terrain de foot de la firme, sa piste d’athlétisme, puis son mur d’escalade pour atteindre l’impressionnant siège d’Adidas, près de Nuremberg, en Allemagne. Deux années durant, les ingénieurs y ont peaufiné le Telstar 18. Sa structure interne a été revue pour obtenir un rendu plus homogène que celui du Brazuca de 2014. Le revêtement synthétique est constitué de six pièces identiques, en forme d’étoile à huit branches, scellées entre elles.


Objectif ? L’uniformité. Le ballon doit toujours répondre de la même façon, peu importe où le joueur le frappe. Les prototypes sont testés au rez-de-chaussée, dans le Future Lab. Cette salle aux murs gris abrite notamment une machine à coups de pied unique au monde.


Chaussée d’un vrai soulier à crampons, elle frappe le ballon, qui fuse jusqu’à 105 kilomètres à l’heure. Seize caméras enregistrent sa trajectoire. « La simulation par ordinateur ne montre qu’un calcul théorique, explique Harald Koerger, qui dirige les recherches. Pour être honnête, ces simulations sont bonnes, mais on veut vérifier les choses avec nos yeux. »


Pour des tests en conditions réelles, des ballons ont aussi été confiés à des équipes nationales (Argentine, Colombie et Mexique), des clubs pros (Manchester United, la Juventus Turin, le Real Madrid, l’Ajax Amsterdam...) et des clubs amateurs, mais pas en France.



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